Un rendement de trois pour cent net, cela fait doucement sourire, ou grincer des dents selon l'humeur du matin. Quand on pense qu'un simple fonds euros un tantinet dynamique chatouille parfois les deux et demi sans la moindre tracasserie de locataire qui oublie de payer son loyer ou de chaudière qui lâche un 24 décembre, on peut légitimement se gratter la tête. En tant que prof, j'ai l'habitude des élèves qui font le minimum syndical pour avoir juste la moyenne, et ce placement me fait furieusement penser à un élève moyen qui refuse de dépasser le neuf sur vingt par pure superstition. Blague à part, payer comptant offre une tranquillité d'esprit non négligeable, mais immobiliser du capital pour une si maigre pitance relève presque de la philantropie financière. Si on regarde les chiffres de l'inflation actuelle qui oscillent bon gré mal gré autour des deux à trois pour cent selon les mois et les postes de dépenses, cela signifie clairement que l'argent stagne, tout simplement. Il perd même un tout petit peu de sa superbe en valeur réelle si on intègre la taxe foncière et les charges non récupérables qui grignotent le pactole. Pour redresser la barre, plusieurs options s'offrent à l'esprit cartésien que je suis. Déjà, pourquoi ne pas regarder du côté de la colocation si la configuration s'y prête, ou de la location meublée non professionnelle pour grappiller quelques précieux points de pourcentage grâce à une fiscalité un poil plus clémente ? Le régime micro-BIC permet souvent d'effacer une bonne partie des revenus locatifs des impôts, ce qui transforme un rendement brut anémique en performance nette un peu plus réjouissante. Une autre piste consisterait à revendre purement et simplement pour réinjecter le cash sur des supports plus dynamiques, comme une assurance-vie bien diversifiée en unités de compte ou des SCPI européennes qui affichent allègrement du quatre ou cinq pour cent sans gestion locative directe. Bref, garder ce bien en l'état ressemble fort à un rendez-vous manqué avec la rentabilité, et un petit arbitrage s'impose pour ne pas laisser le temps éroder ce beau capital payé comptant.
Ces chiffrages ont le mérite de poser les bases, mais j'aimerais bien savoir quelle est la surface exacte et l'emplacement de ce bien pour affiner le raisonnement. Est-on sur une grande métropole où la tension locative pourrait rattraper le coup avec le temps, ou dans une zone moins dynamique où la valorisation du capital fait totalement défaut ? Les chiffres bruts c'est bien, le contexte géographique c'est mieux.
C'est un doux songe d'une douce utopie, ou plutôt d'une utopie douce-amère pour reprendre les termes de notre premier interlocuteur. En tant que fonctionnaire de l'Éducation Nationale – oui, je sais, nous ne sommes techniquement pas dans le privé avec un 'employeur' au sens strict, mais l'État reste notre grand argentier et régulateur – je m'imagine mal l'administration s'improviser banquière bienveillante pour financer nos pierres. Déjà que nos salaires subissent une lévitation inverse par rapport à l'inflation, demander la prise en charge partielle des intérêts d'emprunt relève de la haute voltige onirique. Pourtant, la question soulève un point sémantique et social fascinant : comment le travail, ou plutôt la rétribution de celui-ci, glisse lentement vers une forme de paternalisme moderne où l'entreprise s'insère dans l'intimité patrimoniale du salarié. J'ai ouï dire que certains secteurs en tension dans la tech ou la finance à la Défense commençaient à gratter le vernis de ces avantages en nature immobiliers. Quand on regarde les statistiques récentes du secteur, à peine 2 % des entreprises françaises envisagent un dispositif d'aide au logement de ce type, et encore, cela concerne essentiellement des cadres dirigeants relocalisés ou des profils extrêmement rares que l'on cajole à coup de golden hello. Pour le commun des mortels, et pour les collègues qui tentent d'acheter un studio à 4000 euros du mètre carré en région parisienne en étant payés à peine plus que le smic indiciaire après dix ans d'ancienneté, on repassera. C'est presque un jeu de mots macabre : on nous vend du 'pierre-papier' alors qu'on n'a même plus assez de plâtre pour colmater les fuites dans les salles de classe. Blague à part, cette divergence entre les grands groupes qui peuvent se le permettre pour attirer des 'talents' – ce mot me hérisse toujours un peu, comme si les autres n'étaient que des incompétents interchangeables – et les PME ou le service public crée une distorsion territoriale et sociale assez violente. Si la pierre est devenue l'or des temps modernes, nos employeurs actuels jouent plutôt les alchimistes inversés en transformant notre pouvoir d'achat immobilier en poussière. Alors oui, rêvons un peu, après tout les mots sont gratuits, ce qui est déjà ça de pris par les temps qui courent.
J'ai l'impression de me lancer dans une partie de Scrabble où la case 'compte double' cache un piège redoutable. Entre les loyers impayés potentiels et la gestion des travaux, j'essaie de peser le pour et le contre avant de signer quoi que ce soit. Certains parlent de rentabilité intéressante grâce à des prix d'achat plus bas, mais j'avoue que l'aspect humain et la vacance locative me font un peu tiquer. Si certains d'entre vous ont déjà sauté le pas dans ce genre de secteur, vos retours m'aideraient grandement à y voir plus clair.